Je suis envahie par plusieurs sentiments

Je ne sais pas trop à qui je réponds… En tout cas bonjour à tous et à chacun…

Lisant le blog N.D.I je suis envahie par plusieurs sentiments. D’abord plaisir d’entendre des réactions, de sentir des sentiments, des ouvertures au dialogue, de tenter de comprendre des points de vue originaux et impliqués.

Ensuite une sorte de lassitude, de tristesse. Comment la ND.I est-elle traduite? Que veut-elle dire et comment le dit-elle ou ne le dit-elle pas ?

Ai-je envie de répondre ? Oui bien sur, mais “100 fois sur le métier remettez votre ouvrage”, 101 fois, c’est beaucoup…

Ce que je peux dire, en ce qui me concerne,c’est qu’en même temps que je suis dans le mouvement N.D.I., je me suis beaucoup interrogée sur la Directivité. Les sociétés seraient-elles par essence directives, en ce sens qu’elles déterminent les actions, édictent les lois, au mieux en fonction des besoins présumés des gens, au pire en les contraignant, afin de permettre une certaine régulation, une certaine sécurité (je ne parle pas là des bénéfices éventuels pour les législateurs ) C’est ce à quoi nous sommes confrontés tous les jours, dans notre vie quotidienne et à travers nos grandes institutions (école, justice,police, famille…)

Mais qu’advient-il quand les besoins des autres sont déterminés par un groupe, pire par un individu ? Quelle est la part d’autonomie, de désirs de ces “autres” ? Ou se trouve l’élan vital permettant aventure , créativité, réalisation de soi même ?

Est ce alors que la N.D.I. peut intervenir ?

Comme sans doute d’autres approches, mais ceci nous le revendiquons fort, la N.D.I. part de l’idée que l’homme est un être de désirs, existant dans l’expression de ses désirs, à travers une expérience personnelle et en même temps interactive.

Un tel modèle se fonde essentiellement sur l’absence de pouvoir et la prise en compte de la subjectivité de l’autre. Absence de pouvoir ne veut pas dire absence de structures proposées, mais non imposées, permettant la libre parole des personnes, structures auxquelles peuvent s’adjoindre ceux qui le désirent.

Un colloque est alors organisé par un collectif de 5 personnes ayant participés à toutes les rencontres de l’été et à plusieurs groupes de recherches autour de cette mouvance. Il a eu lieu en Italie, pays de notre cher Thierry et nous avons proposé (je dis bien proposé) des objectifs :bilan, évaluation, etc…

Ont été invités par les organisateurs des gens appartenant à la mouvance N.D.I. et tous ou presque ( à l’exception de 1 ou 2, vieux routiers des rencontres ) organisent séminaires, vacances actives, café-débat, groupes divers :corporel, sexuel, écriture, formation. et/ou participent depuis plus d’un an à une formation à la N.D.I.

Pourquoi aurait-il fallu éliminer de ce congrès les gens de la formation qui, actuellement, ont une réflexion peut-être plus poussée que bien d’autres sur les méthodes et les fameuses ” valeurs ” de la ND.I. ?

Pourquoi ne pas inviter quelqu’un qui, pédagogiquement, introduit la N.D.I. dans l’école, dans les crèches, dans un réseau artistique, sous prétexte qu’il est en thérapie avec l’un des organisateurs ? J’aimerai connaitre la ou les raisons…?

Pourquoi ne pas accepter des gens qui ont envie de se confronter à d’autres, à nous, à moi, à vous, sous prétexte qu’ils dérangent ( et c’est vrai qu’ils dérangent…, souvent beaucoup). Mais ils ont aussi des choses à dire. ces choses peuvent être “inacceptables” et je comprends les positions exprimées :stupeur, colère, mépris… Mais alors que faire ? Directivement, comme beaucoup d’institutions faire taire ces gens, les repousser, voir les rejeter pour protéger le groupe ?

Je pense que ça n’est pas notre manière de fonctionner. Chacun dans un groupe a le droit d’exprimer ce dont il a envie, chacun à le droit de réponse. La parole est libératrice, le silence est cancérigène. Et je souhaite faire un bout de chemin avec cet “inacceptable” dans l’espoir d’évoluer ensemble, lui, moi, nous. Plus facile à dire qu’à faire et souvent je n’y arrive pas, emportée par mes émotions négatives. mais c’est une “valeur” ( comme ne dirait peut-être pas Guilain…) intangible en ce qui me concerne. Voltaire disait déjà ” Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, Monsieur, mais je me battrai pour que vous puissiez l’exprimer “.

J’ai aussi envie de dire que le développement personnel n’est pas le seul objectif de la N.D.I., à preuve les nombreux groupes de recherches qui ont fonctionné et continuent de le faire à l’intérieur du mouvement. J’ajoute que nous, organisateurs, avions à Césanético, un désir de bilan, d’évaluation, de confrontation avec d’autres approches.

Mais, en premier lieu, fidèles à notre pratique, nous avons essayé de nous centrer sur les personnes et leurs désirs. La majorité a utilisé ce lieu pour traiter des questions personnelles semblant moins impliquées par la théorie et la méthodologie. ( Je me souviens qu’il y a quand même eu un certain nombre d’ateliers à ce sujet. Pour ma part, j’ai participé à 2 d’entre eux).

C’est vrai aussi que nous nous sommes plus centrés sur les demandes que sur les offres, provenant de leaders qui, croyais-je, s’exprimeraient facilement. En ce sens il y a eu, au moins en ce qui me concerne, une erreur d’animation. Les 2 premiers jours ont été plus ou moins chaotiques, mais il ne s’agissait pas de pratiquer seulement une activité de groupe non directive mais de mettre en place un système collectif dans lequel la création et l’organisation des activités se fassent sur un principe de non directivité intervenante. Il est sur qu’il y a eu des failles, je suis la première à les regretter. Beaucoup de choses sont encore à faire, à revoir. Mais au final, je suis contente de ce qui s’est passé et mes désirs de “colloque” ont été assez satisfaits, c’est à dire d’un essai d’organisation d’une institution non directive. Par les temps qui courent, c’est porteur d’espoir.

Quand recommençons nous ?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>