Les rencontres de la NDI

Les rencontres de la Non directivité Intervenante sont nées du désir exprimé par certains d’entre nous, formés à la N.D.I, psychothérapeutes, formateurs, enseignants, de nous retrouver. En effet, même si nous sommes réunis autour des valeurs de cette approche,. de la  philosophie et de la méthodologie réfléchie et mise au point par Michel Lobrot, nous sommes originaires de pays différents, voir très éloignés : Europe bien sur, mais aussi Mexique, Argentine, Vénézuéla. La demande émanait plutôt de ceux qui se sentaient plus particulièrement une envie de partage : nos amis grecs  Kostas et Ketty  qui auraient souhaité partager des réflexions des expériences et aussi pouvoir réguler  avec leurs pairs, des animations ou des thérapies   La fête n’était pas exclue de ce projet et tout le monde souhaitait prendre du plaisir dans les différents échanges

       La première de ces rencontres eut lieu en 1993 à Banyuls du 24 au 26 avril. Trois petits jours pour que les 24 personnes qui se trouvaient là puissent se dire, exprimer leurs envies, leurs difficultés, leurs projets. Au cours d’une des réunions (elles ont toutes été impliquées, chaleureuse, souvent houleuses) certains d’entre nous ont écrit leur définition de la N.D.I..Je vais vous les livrer

. Méthode qui prend en considération la dimension humaine de la personne, et l’aide à vivre mieux, à se développer, à s’accepter soi-même, à accepter les autres, à communiquer, à réaliser ses désirs ( Ketty)

      Approche centrée sur le désir des personnes, offrant une totale liberté d’expression dans le respect, dans une complète acceptation de l’autre, et dans laquellee il est possible d’intervenir pour aider, soutenir, accompagner la personne vers la compréhension, la résolution, la conscientisation de ses difficultés, ici et maintenant ( Joseph)

      Attitude envers autrui qui vise à lui permettre de s’affirmer, de se développer, et de communiquer dans le sens qui lui convient. Cela suppose qu’on l’écoute, qu’on lui fasse des propositions, qu’on le questionne, qu’on l’accompagne, en lui laissant toute sa liberté, dans le sens des ses désirs ( Michel)

      Attitude, manière de coexister dans ce qui se fait, pour que cela se développe, avance et crée ( Yorgos )

      Facilitation de la vie dans le sens des désirs euphoriques de la personne. Il s’agit d’une méthode d’animation et de psychothérapie inventée par Michel Lobrot,basée sur l’esprit de la N.D.de Kurt Lewin (respect profond de l’autonomie du groupe) et de la N.D de Carl Rogers ( acceptation inconditionnelle de la personne et du groupe, écoute active, empathie, congruence ) et la possibilité d’intervention à travers des propositions qui visent à faciliter l’approfondissement du vécu personnel et du groupe dans le sens des besoins et des désirs tels qu’ils s’expriment et sont reconnus comme sien par la personne. Pour cela sont utilisées des techniques comme la gestalt thérapie, le travail reichien, la technique du corps, le théâtre spontané, le psycho théâtre, l’expression orale, écrite, automatique, le dessin, , la danse etc. ( Kostas )

      Ecoute dynamique. Accompagnement positif. Maïeutique participative euphorisante. Attention impliquante, inventive dans la recherche. Facilitation créatrice de l’autonomie jubilatoire. ( Robert )

      Par notre implication, en utilisant la communication, par nos actes, par nos propositions, rendre possible que tous s’impliqunte, jusqu’au point de devenir l’auteur de ses actes, pour qu’entre tous, on puisse rendre possible l’imprévisible. ( Carlota )

      S’exprimer librement dans le plaisir. Communiquer sans peur à tout niveau du quotidien, vivre bien et libre, sans obligation de devoir. Respecter l’autre dans son espace de liberté  Etre empathique et congruent ((Ann )

      Action dans un certain cadre de symétrie et de participation, qui prend en compte le désir et aide à réaliser,et favoriser l’apprentissage, la formation, l’évolution, le développement personnel, groupal  et institutionnel. Cette action est faite par une ou plusieurs personnes en charge de certaines situations groupales, institutionnelles à travers des propositions verbales, gestuelles ou écrites (Ruben )

      Espace de liberté, la tienne, la mienne, où ne s’exprime ni contrainte, ni violence, où les rapports de pouvoir n’existent pas, où l’intervention me facilite, te facilite, est centrée sur toi. Où j’existe, où tu existes, où je suis libre, où tu es libre, où je t’écoute, où tu m’écoutes, c’est bien que nous soyons différents. (Nicole )

      Méthode d’intervention centrée sur le désir de l’autre. Dans le domaine extra professionnel, cette méthode contient également des aspects d’affirmation de son propre désir tout en continuant à respecter le désir de l’autre (Thierry )

      Etat d’être qui permet d’être centrée sur la personne et de trouver, avec elle, des moyens facilitant ses états d’être. (Loutcha)

      Ecoute intervenante du désir, écoute intervenante non autoritaire. Créer un espace de liberté, de communication, d’épanouissement et de plaisir (Jehan )

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       Les deux années qui ont suivies, (1994  1995) nous nous sommes retrouvés en quelque sorte « entre nous », à Trento, en Italie, à peine plus nombreux.( une très petite trentaine). Là encore nous avons mis en commun nos envies, nos désirs d’animation, nos projets de collaboration. Nous avons échangé à des niveaux personnels, nous avons visité, grâce à notre ami Thierry cette merveille qu’est la ville « du concile de Trente »…  Mais, les personnes que nous étions ont désiré s’ouvrir à d’autres, que nous sentions proches de nos valeurs, de nos convictions, même s’ils avaient eu des cheminements différents. C’est pour cela que nous avons, à ce moment là proposé une formule plus vaste que celle des trois premières années en invitant un certain nombre de personnes pour la prochaine rencontre.

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      En 1996, à Manosque dans le sud de la France, nous avons mis en place ce que nous avons appelé une « Rencontre internationale de la N.D.I. Nous connaissions tous l’Espace du possible et pensions que la formule que cette institution employait : ateliers animés par des participants souhaitant proposer une activité, était intéressante. Mais elle nous semblait insuffisante. Nous ne souhaitions pas que seuls les leaders/ animateurs s’expriment. Nous désirions nous centrer sur les demandes de l’ensemble du groupe. …Le problème des rencontres de ce genre, même ouvertes, même autogérées, est que les participants se trouvent confrontés dès l’ouverture à des propositions nombreuses diversifiées, pratiquement toutes intéressantes et parmi lesquelles ils doivent choisir. Ils deviennent donc rapidement de consommateurs, face à des projets certes attrayants, mais, où les animateurs sont plus préoccupées par le contenu de l’atelier qu’ils animent que par les désirs des gens hic et nunc. Il nous fallait éviter la dérive consommatoire. Oui, mais comment faire avec une cinquantaine de participants… ? Certes, nous avions tentés de nous livrer à une réflexion approfondie sur le désir Cela nous avait beaucoup aidé. Mais la structure à mettre en place était totalement nouvelle, elle se devait d’être créative, permissive et jouissive.  Etait-ce une gageure… ?Nous avons décidé de ne pas proposer d’ateliers dès le départ, mais de réfléchir collectivement sur ce que nous souhaitions recevoir ou donner tout au long de la rencontre Cela pouvait se faire en petits, grands groupes, assemblées plénières, en plein air, dans des salles, au bord de la piscine…Notre matériel était rudimentaire, consistant surtout en crayon et papier…

      Le séjour à Manosque a été très joyeux, souvent inattendu, pour les participants et pour les organisateurs. Après un travail sans doute encore maladroit, assez empirique d’exploration des désirs, des ateliers ont vu le jour. Si nous étions satisfaits par l’esprit qui avait régné  nous savions qu’il y avait beaucoup à faire pour l’amélioration de la structure elle-même d’exploration des désirs ; Mais qu’importe, nous étions sur le bon chemin.

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      L’année suivante, en 1997 c’est à Passo del Tonale que nous nous sommes retrouvés. Dans ce lieu magnifique, entouré de hautes montagnes, près de 80 personnes étaient présentes et les Italiens, qui étaient chez eux, sont venus en nombre. Nous avons poursuivi la démarche entreprise l’année précédente en essayant de formaliser davantage ce que nous avions entrevu à Manosque.

      Les projets, entre autres, étaient d’aider à l’expression des désirs par des méthodes désidératives que nous avions mis au point préalablement, d’organiser des feed-back permanents, de désigner des personnes référentes, de prévoir un espace thérapeutique, de créer des groupes balint pour les animateurs de la journée… 

      Nous avons réservé un premier temps pour la rencontre des personnes et leur connaissance mutuelle. L’émergence des désirs devait être facilité au sein de regroupements ayant pour thèmes : l’expression théâtrale, l’expression corporelle, l’expression orale et l’expression écrite. Rapidement, nous avons pu formuler des propositions basées sur les désirs exprimés. C’était également la première année où l’on faisait un classement des désirs, avec d’un côté les offres d’animation (par exemple : écriture, rêve éveillé, massage, relation parents- enfants, théorie et pratique de la NDI, etc…) et les demandes (respect pour soi même et pour les autres, le pardon, peur du contact physique, pourquoi je suis là, vivre bien le quotidien, psychothérapie de couple etc…)

      Je me souviens d’une très grande participation, de soirées assez extraordinaires et d’assemblées plénières très ludiques…, mais aussi de difficultés en particulier par rapport à la traduction pour les italiens assurée en grande partie par Thierry qui ne souhaitait pas assumer et animation et traduction, jugeant ces deux fonctions contradictoires. Il était heureusement relayé par Elena .Il a été difficile de créer régulièrement des groupe Balint et les gens du comité pédagogique n’ont guère eu le temps de penser  à eux…

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       C’est après Passo del Tonale qu’a démarré en1998 notre longue  et fructueuse collaboration avec Trimurti, collaboration qui a perduré jusqu’en 2006. Nous avions trouvé là le lieu quasi idéal, pouvant correspondre à notre fonctionnement : relations de confiance entre nous, le personnel et la direction de l’institution d’accueil, compréhension de l’esprit dans lequel nous travaillions, horaires de repas relativement négociables, salles de travail équipées selon nos besoin. Et je ne parle pas du cadre par lui-même enchanteur…

      Nous avons reproduit à peu de choses près le dispositif éprouvé à Passo de Tonale.

       L’expression des désirs était facilité par la création de quatre sous groupes : corporel, écriture, théâtre, parole. qui duraient les deux premiers jours . Par la suite, nous procédions, en liaison avec des participants intéressés à leur classement pour mettre en place des ateliers correspondant aux demandes et aux offres. Il y avait toujours un espace thérapeutique, des référents, des feed-back le plus souvent possible. 

       Pour le reste, il y eu plusieurs changements. L’un était par rapport aux soirées festives. Il était prévu un dispositif permettant aux participants, non seulement d’exprimer leurs désirs, mais également de prendre en charge l’organisation et l’animation des soirées, ce qui n’avait pas été le cas jusqu’à présent puisque  les soirées étaient proposées par l’équipe d’animation.. D’autre part, nous avons décidé d’être plus attentifs, par rapport à l’observation de la rencontre elle même. Un groupe de résonance et d’observation allait recueillir, à son rythme et sur les thèmes qui lui paraissait intéressants informations, questions, anecdotes… Cela a permis la naissance d’un journal quotidien d’une ou deux pages, distribué chaque matin aux participants. « La Gazette Impliquée » qui donnait le programme du jour, mais aussi indiquait le taux de satisfaction par rapport à un certain nombre d’activités (plénière, ateliers, soirée, temps libre, ambiance globale,) ainsi que des anecdotes concernant la vie du groupe et toujours un ou deux textes réflexifs.

      C’est aussi cette année là qu’a démarrée une recherche fondée sur les processus de changements pouvant être induits par de telles rencontres. Elle consistait en des entretiens non-directifs qui devaient se poursuivre avec les mêmes personnes participant à deux ou plusieurs rencontres. A partir de là, nous devions faire une analyse de contenu, fondée sur l’A.P.D. c’est à dire l’analyse propositionnelle du discours, étudiée par Ghiglione, qui propose de tenir compte, dans un texte essentiellement de l’ensemble des propositions du texte, et d’y rechercher les transformations d’après les propositions. Nous partions de l’hypothèse du désir comme facteur de changement. Nous avons déterminé quelques catégories permettant de coder les entretiens.

             Réalisation d’une expérience attendue (la personne exprime que la Rencontre lui a permis de réaliser ce désir.

             Découverte d’une valeur, d’une idée, ou d’un processus nouveau. La personne insiste pour dire que c’est, soit quelque chose qu’elle ne connaissait, soit l’approfondissement d’un état, d’un sentiment qui était déjà là, mais qui n’était pas attendu, ni même désiré particulièrement

             Implication positive avec une personne. L’aspect personnel est important, cela peut se produire avec plusieurs personnes.

             Implication positive dans une activité, une manifestation collective. Evocation de ce que l’on a tiré de ce ou ces groupes.

             Implication positive dans des activités informelles, spontanées, de détente.

             Transfert dans la vie courante d’une idée ou d’un processus vécu pendant la rencontre, soit réflexion sur soi même, soit prise de conscience, après coup d’une expérience.

             Réactivation d’une adhésion intellectuelle ou affective aux valeurs de la N.D.I., ou aux valeurs humanistes. Cette adhésion existait antérieurement, elle est seulement réactivée.  On insiste sur les valeurs que cela représente, sur ce qu’il y a de révolutionnaire, de progressiste.

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      Arrive 1999. L’expression des désirs, organisé comme les deux années précédentes, nous semble laisser à désirer. Trop rigide, insuffisamment significative, trop étroite …

      C’est à ce moment là que se pointe l’expression : « Foire aux Désirs » Que voulions nous dire par là ? Nous souhaitions en fin de compte un genre de fête du désir où les personnes puissent exprimer toutes leurs envies, y compris les plus étranges, les plus farfelues, les plus baroques non plus dans des ateliers pré-établis mais à la suite de petits groupes qui devaient, in fine, aboutir à une écriture des désirs inscrite sur de grands panneaux, au même moment si possible, et dans une atmosphère ludique. Sorte également de brain storming où le désir de l’un fait résonance chez l’autre qui peut alors soit y répondre, soit évoquer autre chose lui appartenant Cette année là, nous avons beaucoup rit, car il y avait même des désirs « honteux », totalement anonymes, cachés dans une boite particulière pour, en fin de compte être lu à l’assemblée qui écoutait soit religieusement soit en riant bruyamment…Le traitement de ces désirs se faisait ensuite grâce à l’informatique ; Il s’agissait de rentrer les données dans l’ordinateur, de procéder à leur classement pour ensuite imprimer des listes de groupes ou d’ateliers possibles, dans lesquelles les participants choisissaient d’aller, à la condition qu’il puisse y avoir un animateur qui se désigne, ou que le groupe déclare vouloir fonctionner en auto gestion.

      Il semble que ce système ait bien marché. Toutefois, même si de nouveaux désirs pouvaient intervenir en cours de route, une sorte de  programmation  était établie après les deux premiers jours et il était souvent difficile de faire face aux nouvelles demandes.

      Le reste du système fonctionnait à peu de chose près comme l’année précédente.

      Cette année là nous avons eu 87 participants

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2000, …Toujours à Trimurti.  Plus que jamais, nous affirmons faire une rencontre centrée sur les désirs. des gens auxquels nous devons nous adapter si nous ne voulons pas être en décalage, car ce qui est opérationnel, c’est ce que les 106 participants expriment.

      A la foire aux désirs, on constate que 80%. des personnes se disent dans la première heure   . A nouveau, nous nous posons beaucoup de questions.

      A-t-on bien synthétisé les demandes?Au niveau des leaders, il semble que l’on ne réponde peut-être pas suffisamment bien, ils ont souvent des demandes d’animation très précises, comment les faire correspondre avec les désirs du groupe. Doit on prévoir une foire aux désirs pendant toute la semaine Comment gérer…  

      C’est cette année là que nous avons eu un problème avec une participante délirante. Cela nous a permis d’affiner notre position par rapport à ce genre de.situation. Même si cela est difficile, en aucun cas, nous ne souhaitons rejeter la personne, sauf si elle se met en danger physiquement et met les autres en danger de la même manière. Par contre si le cas se représente, il faut se donner des moyens de communication permanents avec elle, peut-être établir une cellule de crise. Nous devrons également préciser très vite notre position pour dé angoisser : le groupe et créer un lieu de parole à ce sujet

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      En 2001, nous accueillons à la demande de l’université de Palerme 19 étudiants d’une vingtaine d’année, parlant peu ou pas le français, accompagnés par deux de leurs professeurs. Ces jeunes font des études en sciences de l’éducation et l’objectif avoué de leur séjour est qu’ils viennent observer, en les vivant, les processus pédagogiques d’une telle rencontre ; Il se trouve qu’ils sont autant, voir plus intéressés par la visite de la Côte d’Azur, St Tropez et sa faune vacancière que par ce qui se passe à Trimuti… Nous nous sommes efforcés de faciliter leurs demandes, mais ils ont été peu suivis par l’ensemble des participants qui a préféré les activités proposées à l’intérieur du centre.

      Cette année là, on entendait beaucoup parler italien : nous étions 102, dont 43 qui venaient d’Italie.

      Le dispositif mis en place les années précédentes a été un peu modifié en particulier en ce qui concerne l’expression des désirs. Nous souhaitions un processus plus dynamique, d’énoncé des désirs qui a duré la semaine entière sans remettre en cause ce qui avait été exprimé les 2 premiers jours.

      Autre changement, mais cette fois qui concerne l’équipe pédagogique. ( nous étions 14.) Compte tenu des demandes ayant eu lieu par le passé, et également de certains problèmes pouvant jaillir ou exister déjà, ( problèmes d’animation, qui anime quoi avec qui, problèmes relationnels, amoureux ) nous avons décidé de mettre en place un système de médiation afin d’aider les personnes qui se sentiraient en difficulté. Les médiateurs étaient des volontaires parmi les gens de l’équipe.

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      2002… Le temps passe…

      L’innovation est la création de ce que nous avons appelé «  le cœur ». Il nous est apparu important qu’il puisse y avoir tout au long de la semaine un lieu, centre unique qui puisse à tout moment accueillir les isolés, les personnes un peu larguées, les gens qui désiraient une écoute particulière… Ce « cœur » fonctionnait avec un ou deux animateurs. Il se devait

d’être attractif, et esthétique ( panneaux divers sur le désir, la non directivité, photos, peintures…),

servir de librairie permanente,

être informatif (panneaux tout au long de la rencontre pour l’expression des désirs, informant au jour le jour des ateliers, des thèmes se mettant en place ),

Relationnel : espace de paroles pour qui le désire à tout moment de la journée, soit avec les animateurs de permanence, soit avec des participants.

Voilà l’exemple d’un travail d’une après midi et d’une soirée, passées dans le cœur.

          ACTIVITES                                                NOMBRE DE PERSONNES

     Passages                                                                             7

     Discussions                                                                          6

    Entretiens individuels courts                                                  11

     Information                                                                        13

     Orientation                                                                       7

     Aide à la précision d’un projet                                         1

     Massages                                                                            2

     Détente                                                                             4

     Danse                                                                                3(avant d’aller à la soirée)

      La foire aux désirs, même si on conserve le dispositif des années précédentes  (expression privilégiée au cours des 2 premiers jours ) devient beaucoup plus souple et permanente ,avec une utilisation constante du cœur et de panneaux mis en place à cet effet. Il y a eu une synthèse « informatique » et une synthèse spontanée, journalière, née de ‘écoute et de l’observation du processus, qui a permis tout au long de la semaine d’ajuster les demandes et de proposer des activités en conséquence.

      C’est à la suite de cette rencontre qu’une personne de l’équipe pédagogique a demandé une évaluation/ synthèse à chacun d’entre nous sur différents thèmes, afin de pouvoir faire encore plus bouger le système si besoin en était. Les thèmes traités étaient :

  • l’émergence des désirs,
  • les assemblées plénières,
  • le cœur
  • les ateliers,
  • les soirées,
  • les entretiens individuels,
  • la dynamique générale de la rencontre ;
  • la relation avec les participants,
  • les relations entre les membres de l’équipe pédagogique,
  • les réunions préparatoires de chaque matin
  • une rétrospective sur la préparation de cette rencontre (réunions au cours de l’année, écrits, propositions diverses…)

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      En 2002, nous avions eu 85 participants. Chute notable par rapport aux années précédentes, chute qui s’est confirmée en 2003 et 2004 où nous avons enregistré 61 participants.

      Nous sentions inquiets, par rapport à cette diminution des effectifs ; les participants, qui semblaient concernés par ce problème, au cours de réunions, ont émis un certain nombre de propositions.

      Le dispositif déjà mis en place a été poursuivi tant par rapport à l’émergence des désirs, que le cœur et les autres structures propres à la dynamique de la rencontre C’est une année où nous avons insisté sur la possibilité de petits groupes, issus de la plénière du matin pour exprimer davantage désirs, besoins, plaisir, douleur.

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      Arrive 2005, l’année de tous les changements…

      Malgré, ou à cause ( ?) du nombre de participants, nous décidons que la rencontre aura dix jours.. Tout le monde nous dit que nous courrons le risque d’avoir encore moins de monde. Mais depuis déjà longtemps, nous sommes persuadés, que 10 jours sont un espace temps bien meilleur pour l’expérience que nous proposons, donc…

Nous sommes alors 48 qui répondons présents…

      Certes, c’est un choc pour nous d’être aussi peu nombreux, mais cela ne nous empêche pas de changer le système assez profondément.

       Il n’est plus du tout question de recueillir en priorité les désirs au cours des deux premiers jours. Leur expression se fera au jour le jour, par l’intermédiaire de post-it qui pourront être affichés à n’importe quel moment de la journée. En fait il s’agit au point de vue technique d’adapter à notre usage la méthode « méta plan ». D’un point de vue pédagogique, nous nous sentons beaucoup plus près de l’évolution des personnes et de leurs envies différenciées au jour le jour. La synthèse des désirs, cette fameuse Préparation de la journée (P.J.) sera certes un peu bruyante mais les résultats très intéressants  Nous notons un grand nombre de désirs exprimés tout au long du séjour (390 post-it, incluant demandes et offres à la suite desquels un grand nombre d’ateliers ont été proposés (261) et réalisés (73)

      Le reste de la structure mise au point les années précédentes est restée la même et l’ensemble de la rencontre a été relationnel, joyeux et impliqué.

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Arrive 2006, il y a 53 participants.

Le dispositif est à peu près le même que celui l’an dernier. Mais, on constate que le nombre de post-it, c’est-à-dire de demandes, a diminué ( 167-au lieu de 390 ).

Qu’en conclure ? Cette année là, la structure de la matinée a changé. Décidée par le collectif d’animation elle laisse insuffisament de place pour l’élaboration des désirs, puisqu’on commence par la préparation de la journée (P.J.) ; Il est à noter que nous pensions répondre à la demande, car, il nous semblait que les participants souhaitaient partir vite, dès la fin de la matinée dans les ateliers. On peut s’interroger sur qui demandait ça. Une, réponse possible est que ce sont les leaders ou ceux qui eux-mêmes proposaient des ateliers. Peut-être les échanges et les interactions de l’ensemble du groupe ont été insuffisants par rapport à une expression plus riche des désirs de chacun. Il est vrai que ce type de groupe est là pour promouvoir avant tout un certain mode de relations entre les personnes ou le concept de désir, dégagé de toutes contrainte, est prioritaire.

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       C’est une aventure qui a duré 14 ans, et rien de dit qu’elle soit terminée. Elle a permis de faire vivre ensemble des personnes de cultures différentes, des personnes de milieux sociaux différents, des personnes d’âge différent. Tous ces gens étaient réunies autour, à côté de la Non Directivité Intervenante, ou la pression, la coercition, la sanction, se doivent d’être bannies, où existe une autre forme de rapports dans le champ de la communication humaine, fondée sur l’expression de soi, de ses désirs et de l’acceptation de l’autre différent.

      Peut-être ramons nous à contre courant, dans la société actuelle, mais nous sommes persuadés que les individus n’avancent ni dans la peur, ni dans l’idée de sécurité.

      Nous travaillons pour l’avenir…

                                                                        Nicole Habrias Simon

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